Autre manifestation de colère contre Bombardier

Le report par Bombardier de la hausse des salaires de six de ses hauts dirigeants n’a pas réussi à atténuer la colère des Québécois, qui ont à nouveau manifesté devant le siège social de l’entreprise dimanche.

«Pour moi, Bombardier ce n’est plus un fleuron, a vociféré François Lucas. Ce n’est plus une fierté. S’ils veulent partir, qu’ils partent. Ils nous ont poussés à bout.»

Pour la deuxième fois en autant de semaines, une centaine de personnes se sont réunies devant le siège social de Bombardier dimanche pour manifester leur mécontentement. Le rassemblement, moins imposant que le précédent, s’est terminé devant les bureaux du premier ministre du Québec Philippe Couillard, où des avions en papier ont été lancés.

«On ne va pas se fermer les yeux, décolérer et passer à autre chose, a souligné l’organisateur de la manifestation, Étienne Diotte. C’est une situation inacceptable et on va continuer de revendiquer pour l’abolition de ces hausses de salaire.»

Disgrâce

La première manifestation s’était tenue le lendemain d’un sondage Léger-TVA Nouvelles-Le Journal de Montréal qui a révélé qu’une écrasante majorité de Québécois (93 %) se dit contre la décision de la compagnie de gonfler de 48 % la rémunération de ses hauts dirigeants, malgré les milliers de mises à pied et l’octroi d’importantes aides gouvernementales.

«C’est complètement disgracieux que Philippe Couillard ait dit non à 93 % de la population québécoise, un des plus grands consensus jamais recensés par les sondeurs dans l’histoire du Québec, a poursuivi M. Diotte. Notre premier ministre a levé le nez là-dessus et c’est insensé.»

Insuffisant

La multinationale québécoise a tenté d’éteindre le feu la semaine dernière en reportant plus de la moitié de la rémunération des six plus hauts membres de sa haute direction pour l'année 2016.

«Les libéraux sont encore déconnectés, a dit Alain Therrien, du Parti québécois. Ils ont accepté les explications complètement aberrantes de Bombardier pour le report des augmentations de salaire. Ils prennent les Québécois pour des valises.»

Les protestataires en avaient également long à dire sur la rémunération de 3,8 millions $ attribuée à Pierre Beaudoin pour présider 11 séances du conseil d’administration de Bombardier.

«C’est une situation profondément inacceptable qui doit être corrigée», a dit M. Diotte.

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