L’IVAC, c’est une vraie joke

Incapable de retourner au travail après avoir été sévèrement battu par des malfrats, un homme qui risque l’amputation d’une jambe n’est pas indemnisé en tant que victime d’acte criminel.

En mai 2015, trois individus s’introduisaient dans la résidence de Vital Bélanger et de Stéphanie Vautour, alors au lit. Armés d’un bâton de baseball et d’un couteau, les assaillants ont roué de coups le couple, avant de s’enfuir avec des objets de valeur. Deux individus ont été arrêtés et condamnés à six ans de pénitencier dans cette affaire, au printemps dernier.

Encore aujourd’hui, le couple de Québec endure les séquelles de l’agression sans que la Direction de l’Indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC) ne les compense financièrement. M. Bélanger a notamment subi 15 fractures. Une de ses jambes, dont la rotule a été complètement éclatée lors de l’agression, pourrait être amputée.

Moins cher d’amputer

Une attelle spécifique pourrait lui permettre d’améliorer sa qualité de vie, mais l’IVAC refuse de payer. «C’est sûr que c’est moins cher d’amputer ma jambe, mais il existe une technologie qui fait que je pourrais la garder, peste M. Bélanger. Ça coûte 45 000 $. La fille de l’IVAC n’est pas médecin, mais elle me dit non tout de suite. Ça coûte trop cher. Mais ce n’est pas moi qui fais les prix!.

À l’heure actuelle, l’IVAC a accepté de débourser les frais de psychologie du couple et quelques médicaments. «Mais ils sont téteux sur tout, il faut toujours s’obstiner, c’est une vraie joke», déplore-t-il. J’ai mal. Ça n’a pas de bon sens. Ils nous laissent crever, ils ne s’occupent pas de notre santé», dénonce celui qui doit prendre 16 pilules par jour pour calmer ses douleurs.

Aucune indemnité

Ni lui ni sa conjointe n’ont été capables de reprendre le boulot depuis l’agression. «On prend des antidépresseurs tous les deux», se désole M. Bélanger, qui est sans revenu depuis 25 mois. Il a perdu ses deux maisons, incapable de les payer. Le couple, qui vit dans un motel, estime ses dettes à 100 000 $. «Je n’ai plus d’argent pour manger», dit-il.

L’IVAC ne les considère pas en arrêt de travail et refuse de leur verser un salaire. «Ils rient de lui, carrément. Ils disent qu’il n’est pas inapte au travail. Sa blonde, c’est la même chose», s’offusque l’avocat Marc Bellemare, qui est en attente d’une date au Tribunal administratif du Québec (TAQ) pour contester cette décision. «Mais on n’est pas capable d’avoir des juges, on est toujours en attente. On ne procède pas, c’est jammé», déplore l’ancien ministre de la Justice.

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