Collection monstre à 1 million de dollars

Un septuagénaire de Québec a décidé de passer par les petites annonces pour mettre en vente sa collection d’objets musicaux, pour laquelle il cherche à obtenir la modique somme d’un million de dollars.

Depuis exactement 40 ans, Conrad Lafrance acquiert tout ce qui est en lien avec la musique sans compter. Des juke-box, des livres, des cadres, mais surtout d’innombrables vinyles.

« J’ai eu deux offres à date. Une de 350 000 $, une autre de 700 000 $. Je n’étais pas prêt. Comment ça peut valoir 40 ans d’investissement de temps et d’argent ? » affirme M. Lafrance, qui estime entre 300 000 $ et 400 000 $ ce qu’il a déboursé pour ériger ce véritable musée de la musique.

Aujourd’hui âgé de 70 ans, il sent qu’il est temps de passer à autre chose. Sa santé précaire et les années qui filent l’ont incité à mettre son imposante collection en vente.

« J’ai six de mes dix voisins qui sont décédés. Ça fait réfléchir. Pis moi, ben, je suis à la veille », raisonne-t-il.

« C’est ma retraite. C’est un investissement : plutôt que de le mettre à la banque, je l’ai mis là », indique cet ex-employé à la Ville de Québec et ex-chauffeur de taxi.

Un « rêve »

Conrad Lafrance ne compte plus les heures et l’argent qu’il a investi. Son « adoration » pour tout ce qui touche le domaine musical est ce qui a fait germer l’idée, alors qu’il n’était âgé que de 18 ans, de bâtir une telle collection.

« Un moment donné, j’étais au Centre Durocher, en train de jouer au snooker avec des amis. Il y avait le juke-box, le bar, les machines à boules... Je regardais tout ça, en écoutant la musique. Je me suis dit qu’un jour, si je pouvais, j’allais recréer ça. Et j’ai fait beaucoup mieux », dit-il avec satisfaction, en contemplant l’un de ses quatre juke-box.

Ce n’est toutefois que 12 ans plus tard, à l’âge de 30 ans, qu’il s’est finalement décidé à réaliser « son rêve ».

« J’ai été sur le taxi six ans, jour et nuit, en plus de mon travail à la Ville de Québec. Un moment donné, il était 3 h 15 le matin et je venais de laisser un client. J’ai fermé la radio, et j’ai mis la musique », se remémore-t-il.

« C’était Feelings de Morris Albert qui jouait. C’était tellement beau que j’ai pleuré. J’étais vidé. Je venais de dépenser six ans de ma vie à uniquement travailler. Le lendemain, j’ai mis le taxi en vente. »

Une place de choix pour le « King »

Quarante ans plus tard, Conrad Lafrance se targue de posséder ce qui est « peut-être la plus belle collection qui existe au Canada », qu’il a accepté de présenter au Journal.

À travers ces reliques de Brigitte Bardot, Cat Stevens, Vicky Leandros, Julio Iglesias et autres, les souvenirs d’Elvis sont particulièrement présents dans le sous-sol de M. Lafrance. En plus des centaines de vinyles, des dizaines de cadres tapissent les murs.

« Elvis est dur à battre ! La voix, le genre de gars, la beauté, le style... Il avait tout pour lui », évoque-t-il.

Pour les intéressés, il vaut mieux commencer à économiser, puisque M. Lafrance n’entend pas vendre sa collection en pièces détachées.

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