Des séquelles permanentes à un œil

Un homme de Trois-Rivières dit garder des séquelles permanentes d’une opération pour corriger sa vision pendant laquelle son ophtalmologiste lui a fait des incisions dans l’œil sans l’avertir des risques.

« Je suis pire que quand je suis rentré là [...] Je reste avec un préjudice grave à l’œil, je ne vois presque rien », a dénoncé cette semaine, devant le Conseil de discipline du Collège des médecins, l’aîné dont l’identité est protégée.

Sans consentement

L’ophtalmologiste Claude St-Arnaud est notamment accusé, devant ce même Conseil de discipline, de ne pas avoir obtenu le consentement libre et éclairé de son patient, d’avoir commis un acte intempestif ou contraire aux données de la science médicale actuelle et de ne pas avoir tenu compte des limites de ses connaissances et compétences.

Il a plaidé non coupable à la majorité des accusations et doit témoigner au mois de mai pour expliquer pourquoi une banale opération de la cataracte a presque laissé son patient âgé aveugle en 2012.

Le patient, qui explique que sa vision est « voilée » en permanence depuis l’opération, souffrait aussi d’astigmatisme.

Incisions relaxantes

Ce problème courant peut être corrigé par des « incisions relaxantes » dans la cornée de l’œil ou par l’installation d’une lentille torique, qui vient remplacer le cristallin et corrige aussi la vue.

Puisque l’opération de la cataracte vise aussi à remplacer le cristallin malade de l’œil par une lentille, les toriques sont privilégiées par la majorité des ophtalmologistes, même si elles sont plus dispendieuses pour le patient, car elles présentent beaucoup moins de risques.

C’est du moins ce qu’a expliqué l’experte Marie-Ève Légaré devant le Conseil de discipline.

Or, le patient a indiqué au Conseil qu’on ne lui avait pas clairement expliqué cette différence. Par ailleurs, ce n’est pas le Dr St-Arnaud qui lui en aurait parlé, mais plutôt une technicienne.

Ne connaissant pas les risques, l’homme a choisi les incisions relaxantes, qui étaient moins chères.

« Tu m’offres le choix entre A et B, je prends B et c’est après que tu me dis que je n’aurais pas dû », a-t-il témoigné.

De plus, le protocole opératoire du Dr St-Arnaud ne comprend aucune indication sur les incisions relaxantes, à savoir quand et comment elles ont été pratiquées sur son patient.

Manque d’empathie

Pendant les mois qui ont suivi son opération, le patient a multiplié les visites chez le Dr St-Arnaud en raison de douleurs, rougeurs et inflammations de l’œil.

Il estime que le médecin manquait d’empathie.

« C’est rapide, c’est froid », dit-il.

Le Dr St-Arnaud aurait même qualifié de « fatigante » la femme du patient, devant celle-ci, parce qu’elle posait des questions sur l’état de son conjoint.

Le patient a expliqué être allé consulter deux autres spécialistes qui auraient qualifié de « charcuterie » l’opération subie et lui auraient déclaré que sa « cornée était kaput ».

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